Le président français Macron préconise un « service public de l’insertion » pour lutter contre la pauvreté (SYNTHÈSE)

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PARIS, 13 septembre (Xinhua) — Lors de son discours très attendu sur la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, jeudi, à Paris, le a annoncé la création d’un « service public de l’insertion » et la préparation d’un « revenu universel d’activité » qui fusionnerait les prestations sociales à l’horizon 2020.
« Faire plus pour ceux qui ont moins ». C’est devant ce slogan que le président français, en personne, a présenté, jeudi, lors d’un long discours au Musée de l’Homme à Paris, la « stratégie nationale » de lutte contre la pauvreté que compte mener le gouvernement. Un plan qui sera doté d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans.
« Il faut dire aux premiers de cordée de ne pas oublier les derniers de cordée. Il y a toujours des gens pour ouvrir la voir, plus véloces, avec plus de chances, mais qu’ils aillent plus vite n’aidera pas celui qui reste en bas. Il faut que celui qui monte le plus vite se souvienne qu’il a une corde qui l’assure. Cette corde, c’est la cohésion d’un pays, c’est nous », a déclaré M. Macron, soucieux de rompre avec l’image de « président des riches » véhiculée chez ses opposants et dans une partie de l’opinion publique.
Le président s’était notamment emporté en juin contre « le pognon de dingue » que représentent les aides sociales, provoquant une vive émotion.
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 8,9 millions de personnes vivaient en 2015 en France sous le seuil de pauvreté monétaire – soit 1 015 euros par mois. Un enfant sur cinq, soit trois millions, vivait dans une famille pauvre et près de 36% de familles monoparentales vivaient sous le seuil de pauvreté.
« Je crois en trois projets. Celui productif, de la création d’emplois qui permet l’émancipation de chacun. Je crois aussi au projet éducatif qui lui seul permet à chaque enfant de la République de construire son autonomie. Et je crois à un projet solidariste et humaniste qui responsabilise et qui fait que chacun dans la société doit construire la cohésion d’une nation », a dit le président Macron, appelant à « refuser la fatalité sociale ».
« Nous sommes fiers du modèle français de redistribution. Ce modèle, hérité des Lumières, s’il permet de mieux vivre que dans de nombreux autres pays, il ne permet pas suffisamment de prévenir la pauvreté, de l’éradiquer », a insisté le chef de l’Etat français.
« Il ne s’agit pas par ce plan pauvreté d’aider les pauvres à vivre mieux dans la pauvreté mais de les aider, les accompagner, pour en sortir. Je veux que l’on donne aux personnes pauvres le choix de ne plus l’être et non de l’être un peu moins », a-t-il poursuivi. « Ce n’est pas un plan de charité », a-t-il renchéri.
M. Macron veut construire avec l’ensemble des collectivités et des acteurs « un véritable service public de l’insertion » offrant un guichet unique, avec une première étape au premier trimestre 2019.
Il a annoncé une loi en 2020 pour créer « un revenu universel d’activité » qui fusionne le plus grand nombre possible de prestations et dont l’État sera entièrement responsable ». Il a précisé que ce revenu serait soumis à « des droits et des devoirs supplémentaires ».
« Un contrat d’engagements et de responsabilités réciproques sera généralisé et signé », prévoyant pour la personne percevant ce revenu l' »obligation d’inscription dans un parcours d’insertion qui empêche de refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi ou d’activité », a-t-il dit.
M. Macron entend ainsi lutter contre un système qui est « aujourd’hui trop éclaté » et « inégal territorialement ». Le « maquis des minima sociaux » actuels n’est pas compatible avec un système fondé sur l’accompagnement et la reprise d’activité, a-t-il déclaré.
Le président français a par ailleurs présenté un ensemble de mesures destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge. Le plan prévoit notamment d’ouvrir davantage les crèches aux enfants de quartiers prioritaires ou défavorisés – via des bonus financiers aux collectivités -, de créer un fonds pour financer des petits-déjeuners dans les écoles prioritaires ou des tarifs sociaux dans les cantines. Pour les jeunes, l’obligation de formation passera de 16 à 18 ans.
Selon un sondage Elabe pour BFM TV publié jeudi, 79% des Français ne font pas confiance au chef de l’Etat et au gouvernement pour améliorer la situation des personnes les plus pauvres et 76% estiment que sa politique est plutôt en faveur des plus aisés, une proportion en hausse de neuf points en cinq mois. Fin